Mieux comprendre les infox

Le 4 octobre 2018, la commission d’enrichissement de la langue française a choisi: «infox» traduira désormais le terme anglais «fake news». Forgé à partir des mots «information» et «intoxication», cette expression définie une information truquée, dont l’intention première est de tromper et d’induire en erreur son lecteur. (article rédigé par des élèves de TES5 du Lycée Jean Dautet dans le cadre de l’EMC).

Professeure à l’université de La Rochelle, Laurence Brunet-Hunault nous a offert le vendredi 12 octobre dernier -dans le cadre de la fête de la science– une conférence au muséum d’histoire naturelle, une réflexion sur la vraie signification des fake news et des moyens de contrer les informations fallacieuses auxquelles nous sommes de plus en plus exposés chaque jour. Et la profusion en masse d’informations sur le net ne fait qu’amplifier leur nombre. En effet, on retrouve de nos jours de la désinformation sur presque tous les supports numériques et dans tous les domaines, allant d’un forum «scientifique» démontrant avec véracité que la terre est plate, à une campagne présidentielle criblée par les rumeurs sur les réseaux sociaux.

Mais que risquons nous réellement face à ces fake news?
Le danger premier étant de créer un sentiment de méfiance permanent à l’égard des informations et de la crédibilité des journalistes. Car rappelons que, même si certains utilisent la liberté de parole et d’expression dans le but de manipuler l’opinion publique, la quasi totalité des informations proviennent de sources vérifiées. De plus, dans un certain cadre, les infox peuvent se montrer comme de véritables nuisances non sans conséquences. En effet si nous reprenons l’exemple des élections politiques, des rumeurs peuvent circuler dans le but de discréditer un candidat, influencer ses électeurs et ainsi falsifier la compétition. Ainsi de manière plus générale, ces fausses informations risquent d’altérer la vie démocratique, diviser nos sociétés.

Alors, quelles mesures utiliser afin de contrer ces informations fallacieuses?
Il faut tout d’abord faire appel à son sens critique afin de prendre du recul et ne pas croire à tout, dès le premier instant. De plus, il est nécessaire de faire attention à la légitimité prêtée à ce qu’on lit. On peut ainsi se demander: quelle est la fiabilité du site? De l’auteur? Des sources? Quel est le contexte autour du sujet? Ce sont toutes ces questions qu’un lecteur prudent se doit de garder à l’esprit. Enfin, encore et toujours se renseigner auprès de différents grands médias, qui, tout en prenant en compte la possibilité qu’ils se trompent, sont le plus souvent fiables. Mais la lutte contre les fake news reste un combat qui marche dans les deux sens. Effectivement, si les lecteurs daignent se montrer plus vigilants, les sites internet et réseaux sociaux doivent eux aussi accepter de procéder à un contrôle des informations circulant sur leurs plateformes. Emmanuel Macron a récemment déclaré qu’un groupe expérimental composé d’une moitié de salariés de Facebook et d’une autre de membres sélectionnés par le secrétaire d’état au numérique verrait le jour début 2019. Les membres français pourraient donc avoir accès aux dispositifs mis en place par l’équipe de Facebook pour vérifier le contenu de leur réseau social. Son but étant de faciliter le dialogue entre les deux groupes et d’affirmer ou non que les moyens déployés sont suffisants, pour ainsi en conclure sur l’honnêteté de la démarche de l’entreprise.
Le gouvernement prend lui aussi ce sujet très au sérieux. Dans la nuit du 9 au 10 octobre 2018, l’assemblée nationale a voté pour la proposition de loi concernant “la manipulation d’information”, qui avait déjà été acceptée une première fois par cette dernière mais rejetée par le Sénat. De fait, cette loi visant à encadrer la diffusion d’informations, provoque depuis son annonce plusieurs polémiques, notamment du point de vue des journalistes qui y dénoncent une atteinte à la liberté d’expression. Dans les grandes lignes, elle agirait concrètement sur trois grands points: la surveillance des réseaux sociaux et des médias, la blocage rapides des “fausses informations” et la coopération de la presse et des sites internet. Pour le moment le sujet reste encore d’actualité, en attendant la décision finale de Sénat. Affaire à suivre.

Martin Jeanne et Claude Léa

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