Ecran vert: le festival de la prise de conscience citoyenne

Dans le cadre de la neuvième édition du festival éco-citoyen “Ecran Vert”, nous avons assisté , le 19 septembre 2018, à une conférence animée par des élus et des organisateurs du festival, suivie de la projection du film “Téhéran Tabou” de l’iranien Ali Soozandeh. (Article rédigé par les élèves de TES5 dans le cadre de l’EMC)

Chaque année, le festival sélectionne deux thèmes sociétaux et, pour l’édition 2018, le choix s’est porté sur l’environnement et les inégalités. L’aspect environnemental du festival permet d’aborder des thèmes tels que la santé et l’alimentation tandis que les inégalités peuvent être liées au genre, au handicap ou à la situation économique. Le président d’Écran Vert nous a présenté les enjeux du festival et a insisté sur la proximité du festival avec son public. En effet, le festival se déplace dans quinze villages et se revendique comme étant le festival de la “mobilisation citoyenne”, qui “amène le débat au plus près des citoyens”. Ecran Vert est d’ailleurs le premier festival départemental.

Afin d’introduire le thème de Téhéran Tabou un film engagé contre les inégalités de genre, une avocate spécialisée dans le droit social et la défense des femmes immigrées s’est exprimée sur l’histoire du féminisme. Elle a rappelé que nous “sommes faites des femmes avant nous” et que le combat féministe a permis de nombreuses avancées au cours du 20ème siècle. Mais sa présentation a également permis de souligner que les progrès féministes en France sont encore très récents lorsque l’on sait que les femmes ont obtenu le droit à l’avortement il y a moins de cinquante ans ou que la loi sur la parité en politique date du début des années 2000. Enfin, l’avocate a insisté sur la précarité des femmes étrangères en France dont les droits sont, encore très souvent, bafoués.

Mais la situation est bien pire en Iran, comme le montre, l’émouvant film d’animation dramatique écrit et réalisé par Ali Soozandeh en 2017 : Téhéran Tabou. Le film se distingue avec le Grand Prix du Rail d’Or ainsi que par sa sélection à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes 2017. Le recours à l’animation est intéressant, d’autant plus que tourner à Téhéran était inenvisageable. Le réalisateur a donc choisi la rotoscopie, technique d’animation dont le rendu est des plus réalistes. La réalité passe aussi par le fait que le spectateur a de l’empathie pour le personnage. Des personnages ni bons ni mauvais : des personnages victimes tout en étant coupables de leurs actes. Résultat de l’influence du contexte d’évolution.

Même aujourd’hui, en Iran, les libertés sont moindres, en particulier pour les femmes. Ceci est dû au régime totalitaire exercé qui fait pression sur la société. A l’état brut, ce film nous fait réaliser l’ampleur des inégalités, et des violences portées aux femmes. Cela passe par des insultes mais la violence va plus loin encore lorsqu’il s’agit de viol, de violences conjugales ; on note également l’humiliation qui passe par la pornographie ou la prostitution.

A toute cette tempête s’invitent les inégalités entre hommes et femmes. Il y a par exemple le fait que dans le métro, un wagon est consacré aux hommes, l’autre aux femmes, ou encore la présence d’un panneau “dortoir interdit aux femmes”. Les hommes prennent les décisions. Certaines femmes s’en sortent tout de même : une femme qui se bat parvient à avoir ses papiers de divorce signés ; mais il y a d’autres cas, comme une femme qui hausse le ton sur son mari est alors virée de chez elle, finit dans la drogue, et en finit… une fin qui crie liberté…

C’est également un challenge de défier les inégalités sociales. Celles-ci passent par l’exemple d’une femme qui, se prostituant, ne peut faire autrement que d’emmener son jeune fils partout où elle va. Sans oublier l’exemple d’un étudiant, se nourrissant de musique mais se voyant non autorisé à réaliser son album, entre autre son rêve…

On relève d’autres passages choquants : un chat jeté gratuitement dans une poubelle puis cogné à mort ; des pendaisons publiques, tel un spectacle où toute une foule prend des photos. Du fait que des humiliations leur soient toujours infligées, on constate une entre-aide entre femmes, malgré le fait qu’elles restent dans le silence, dans le tabou, elles ne sont pas seules, et c’est déjà quelque chose. Rare sont les cas où un homme viendra en aide à une femme, cela aboutira à une fuite qui se traduit par irrespect et trahison…

Nous pouvons finir avec l’évocation d’un extrait très révélateur de la situation à Téhéran, une femme à une autre femme, très sérieusement l’informe que “s’il délire, c’est qu’il s’est drogué, s’il est fatigué, c’est qu’il a bu, que s’il te gifle, qu’il te casse les dents, c’est qu’il est normal”. Bien des choses sont marquantes dans ce film, mais rien n’était si sincère que ces paroles. Téhéran Tabou est source d’une prise de conscience inévitable. Une fiction intelligente, miroir de la triste réalité… Où s’arrête donc l’échelle des inégalités? La femme est l’égale de l’homme. Point. Comment certains peuvent-ils toujours nier une telle évidence?

Adèle Gerlec, Raphaëlle Champeau, Elisa Féliers, Simon Huguet et Pauline Ruiz, Terminale ES 5

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