TRAVAILLER DANS L’HUMANITAIRE

Clara Karlson est intervenu au Lycée Jean Dautet en novembre 2018 pour parler de ses missions au sein de MSF. Suite à cette conférence, deux élèves de TES5 nous proposent un article pour mieux comprendre ce que « travailler dans l’humanitaire » signifie, à travers le parcours de Clara:

L’humanitaire est le domaine dédié à la protection de l’humain, les métiers humanitaires suscitent à la fois l’admiration et la peur. La peur d’être loin de sa famille, de ne pas pouvoir supporter la pression, de se mettre en danger et la peur de l’inconnu. C’est ce dernier point qui nous intéresse ici car le mot “humanitaire” signifie mille et une choses et nombre de clichés circulent à propos du secteur humanitaire, peu connu du grand public. C’est pourquoi Clara Karlson, une ancienne élève du lycée Jean Dautet est venue nous parler de son travail dans l’ONG Médecins Sans Frontières lors d’une conférence organisée pour les élèves de Terminale qui vont bientôt choisir leur orientation dans le supérieur.

Après deux bachelors de business, Clara a travaillé pendant quelques années dans une multinationale afin d’acquérir l’expérience professionnelle nécessaire pour postuler à Médecins Sans Frontières. Elle a été engagée à la suite d’une journée de test mettant à l’épreuve les qualités relationnelles et le rapport à autrui (entre autres). La première année de travail pour MSF est en quelque sorte “une année blanche” au niveau du salaire qui reste très faible, afin de tester la motivation des nouvelles recrues.

Dès le début, Clara a été envoyée à l’étranger, d’abord au Darfour, puis au Zimbabwe où MSF vaccinait la population contre la rougeole. Elle s’est ensuite rendue à Haïti, territoire ravagé par le choléra suite au tremblement de terre de 2010. C’est une maladie dont il est possible de guérir, à condition qu’il y ait une aide humanitaire sur place. Puis, lorsque MSF a envoyé ses membres en Irak et en Jordanie, Clara faisait partie d’une équipe en charge de la protection de la santé mentale et de la chirurgie reconstructive. Elle y est restée jusqu’en 2011 avant de repartir, en direction de l’Egypte, en pleine révolution. Après un an passé en Egypte, on l’a envoyée en République Démocratique du Congo afin de lutter contre la malaria et le choléra pendant un an et demi. Après lesquelles elle est retournée à Haïti, dans un très grand hôpital géré par MSF, employant à la fois des professionnels haïtiens et des membres expatriés de MSF.

Après ces missions éprouvantes, Clara a choisi de revenir un an en Europe, au siège bruxellois de MSF Belgique. L’année d’après, elle est restée en Europe mais cette fois-ci dans le cadre d’une mission pour la Croix-Rouge, dans un camp de réfugiés en Allemagne. Après huit mois passés en Allemagne, elle est repartie vers le continent Africain, au Sud-Soudan, puis, plus récemment en Irak. Avant de repartir pour la République Démocratique du Congo où sévit le virus Ebola, Clara a fait une pause de trois mois en France, où elle a pu consacrer un peu de temps pour nous rendre visite.

Grâce à son intervention, elle nous a offert un aperçu réaliste de ce qu’était l’aide humanitaire, et nous a expliqué en quoi elle consistait concrètement. Il s’agit donc “d’une réaction d’urgence qui a pour but de procurer les services vitaux dont a besoin la population en détresse”. L’action humanitaire repose notamment sur l’aide alimentaire, les soins médicaux et l’approvisionnement en eau potable. Une situation peut être qualifiée “urgente” dans de multiples cas : dans le contexte d’un conflit armé, après un conflit armé, pendant une épidémie, après une catastrophe naturelle. Clara a d’ailleurs beaucoup insisté sur l’importance de l’aide humanitaire post-guerre.

Les projets dits “humanitaires” dépassent rarement la période de 5 ans (ils durent souvent entre 6 mois et 5 ans) et les plus longs concernent généralement les actions de lutte contre le VIH ou la malnutrition chronique. Pour ce qui est des des projets plus longs ayant pour but de restructurer des systèmes déjà mis en place (ou pas), ont fait appel à des ONG spécialisées dans le développement.

MSF est une ONG renommée créée en 1971 à Paris par des médecins et des journalistes. Elle a obtenu le prix Nobel de la paix en 1999 et emploie plus de 31 000 personnes à travers le monde. Son action principale est de “contribuer à la sauvegarde de la vie”. Elle entreprend donc exclusivement des interventions médicales, principalement dans des contextes de violence. Mais l’ensemble des employés de MSF n’est pas exclusivement composé du corps médical. On rencontre des profils très différents au sein de l’organisation, comme des enseignants, des psychologues, des agronomes, des ingénieurs, ou encore des journalistes. MSF est donc une organisation indépendante et  apolitique, agissant dans un esprit de neutralité et choisissant les situations dans lesquelles elle souhaite intervenir.

Mais MSF n’est pas la seule ONG à apporter son aide aux populations en détresse et elle est même complémentaire aux autres ONG puisqu’elles ont toutes des champs d’actions différents. Clara a notamment cité le “Comité International de la Croix Rouge”, “Amnesty International” ou encore “Save the Children”.

Vous avez donc l’embarras du choix si vous souhaitez travailler dans une association humanitaire pour défendre les droits de l’homme, que ce soit en écrivant des lettres ou en construisant des puits, en tant que traducteur(rice), maçon(ne), ou encore infirmier(e)!

Raphaëlle CHAMPEAU et Elisa FELIERS

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